Une tentative de suicide à Pôle Emploi Corse

Cet homme d'une cinquantaine d'années estimé par ses collègues, ainsi que par les personnes qui l'ont côtoyé sa carrière durant, occupait depuis la fusion ANPE/ASSEDIC un poste d'encadrement au sein de la nouvelle entité, précédemment il avait été titulaire d'un poste, à plus haute responsabilité, au sein des ASSEDIC région Corse.
D'après nos sources, le geste de cet homme ne serait pas sans rapport avec la réorganisation induite par la fusion dont on sait qu'elle provoque du mécontentement parmi la majorité du personnel de Pôle Emploi et, ce, depuis de longs mois, une hypothèse que viendrait confirmer le fait que cette personne avant de tenter de se donner à mort ait inscrit à même le mur un semblant de justification en ce sens.
Si l'actualité récente fait état comme nous le suggérons de mécontentement parmi les personnels de cette institution en région Corse, dont un mouvement de grève au mois d'octobre dernier, les sources doivent en être véritablement recherché dans les agissements des responsables nationaux de cette fusion/réorganisation, qui impulsent une politique inévitablement suivie le doigt sur la couture du pantalon (ou de la jupe) par les directeurs régionaux.
Est en effet symptomatique le fait que l'on ait voulu installer initialement à la tête de la direction régionale Corse Catherine d'Hervé qui se singularisa, selon des propos rapportés, par une sortie sur le fait que la Corse était une "réserve" ou encore le fait que le secrétaire d'État Laurent Wauqiez, lui-même, ne prenne pas véritablement conscience de la réalité du problème (sans parler de sa Ministre de tutelle Christine Lagarde que l'on sait plus intéressée par des pré-occupations stratosphériques).
Ce problème de mauvaises conditions de travail, de surplus de pression, n'est en effet ni propre à la Corse ni nouveau ; dès novembre 2009 le secrétaire d'État de tutelle était au courant de tentatives de suicide dans les rangs des salariés de Pôle Emploi d'autres régions, tentatives qui laissaient craindre que l'organisme devienne un France Telecom bis.
Mode, le mot doit être sans doute lâché, mais pas dans le sens de "mode du suicide" terme employé soi-disant maladroitement par Didier Lombard (PDG de France Telecom) mais mode des dirigeants et édiles de prendre leurs employés (salariés et fonctionnaires ou assimilés) comme quantité négligeable, qui doit de plus être corvéable à merci.Un dédain du facteur humain qui transparaît lors d'un récent entretien accordé par le secrétaire d'État à notre confrère Les Echos, à une question portant sur le travail au sein de Pôle Emploi ce gentil secrétaire d'Etat pourtant toujours prêt à s'afficher comme proche des préoccupations sociales y déclarait il y a 4 jours : "je veux qu'on passe d'une culture administrative d'enregistrement des offres à une culture où on apporte un vrai service de recrutement aux entreprises comme au Québec".
Prendre à priori le personnel comme une simple caisse enregistreuse, il y a mieux comme preuve de considération !
Et si pour une fois, Ministres et responsables nationaux atteints d'une curieuse forme de surdité essayaient de lire les rapports rédigés à leur intention, quelque chose nous dit, à la rédaction, que le rapport commandé par le syndicat FSU sur les conditions de travail à Pôle Emploi doit toujours trainer sur le bureau du secrétaire d'État (à moins d'un sauvage classement vertical) il constatait pourtant "une très très forte désorganisation avec des personnels mis en difficulté et en fragilité par la logique libérale". Il a été remis le 13 février dernier.
En attendant, une réaction des officiels, les personnels corses ont décidé de cesser immédiatement le travail.
Crédits photographiques © Service Photographique du Premier Ministre





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