Ce jour là, la Corse est devenue française

L’île de beauté à de tout temps suscité l’intérêt de ses voisins méditerranéens et a été visitée ou occupée par de nombreuses civilisations étrangères, des grecs aux romains, des sarrasins aux aragonais jusqu’au génois en passant par les pisans. La France pays phare de l’Europe ne pouvait à l’évidence rester insensible aux attraits de l’île, mais le royaume de France ne s’y intéressera véritablement que durant le XVIIIème siècle alors que la domination de la Sérénissime Gênes sur la Corse battait de l’aile.

le drapeau français


Un contexte propice à l’intervention du Roi de France :


Durant l’année 1729, les chefs du mouvement pour l’indépendance corse sentirent que l’étreinte génoise se desserrait, que la Sérénissime perdait de sa superbe, et décidèrent qu’il était temps d’agir ; c’était le début de ce que l’on nomme la Révolution de Corse qui se soldera par une situation curieuse : on avait proclamé l’indépendance mais la plupart des places fortes de la Corse étaient toujours occupées par l’étranger qui agissait toujours en propriétaire de l’île.

Partout conflits et escarmouches dont le résultat penchait parfois en faveur des chefs de la révolte et parfois en faveur de l’occupant.
Opposée à Hyacinthe Paoli, Louis Giafferi et André Ceccaldi, puis au fils du premier en passant par l’éphémère Roi de Corse Théodore I (de Neuhoff), Gênes faiblissait tant militairement que économiquement.

Ce déclin, qui touche historiquement toutes les grandes civilisations, n’était pas que le seul fait de l’importance de la contestation insulaire mais résultait également de ses conflits économiques continentaux, elle se résolut donc à faire appel à un allié de choix, le Roi de France.
Ainsi les 10 novembre 1737, 27 juillet 1738, 1er mai 1745, 21 décembre 1751, ou encore : en 1752, les 1er et 29 avril 1755, et enfin le 14 août 1756 à Compiègne.
L’intervention française ne se fit cependant pas sans contrepartie et la Sérénissime dut payer le débarquement et le soutien apporté par les troupes françaises dans l’île.

La convention bilatérale qui fixa le sort de l’île :


Nous venons de le voir, en application de plusieurs conventions le Roi de France accordait aide et soutien à la République Génoise, mais tout se joua véritablement lorsque l’exécution de la convention du 6 août 1764 (le second Traité de Compiègne) passée entre les deux états touchait à sa fin. Gênes désirait toujours garder la mainmise sur l’île de beauté mais ne disposait à l’évidence des fonds nécessaires à satisfaire l’appétit du roi Louis ; la solution fut vite trouvée, la France obtiendrait la propriété temporaire de la Corse en échange de son intervention, c’était le traité de Versailles.

Par ce traité signé le 15 mai 1768 par les représentants des deux états contractants (le Duc de Choiseul pour la France et Augustin Paul Dominique Sorba pour la République de Gênes) le Roi de France s’engageait :
1 - à conserver les places fortes de l’île (Ajaccio, Algajola, Bonifacio, Calvi et Saint-Florent et toutes places fortes utiles) avec comme objectif de préserver les intérêts de la république génoise ;
2 - "à faire tout ce qui sera en son pouvoir pour faire cesser [...] les hostilités des (patriotes) corses contre la République" ;
3- à régler au profit de la Sérénissime République la somme de 2.000 livres annuellement et sur 10 ans.

De son côté la République Génoise s’engagea que :
1 - à conférer à titre de gage durant l’exécution de la convention au Roi de France la pleine souveraineté sur les places fortes qu’il occupera dès le début de l’application, ainsi que sur celles qu’il pourrait occuper par la suite, le roi obtenant de la sorte le droit appliquer sa Loi et de prélever impôts et taxes ;
2 - à rembourser l’intégralité des dépenses faites par le Roi pour l’aide octroyée et la conservation des territoires lorsqu’elle fera valoir son droit à restitution (de la somme totale devait être déduit le total des impôts prélevés durant l’exécution).

De la possession temporaire à la propriété définitive :


Bien que la population génoise pouvait légitimement espérer récupérer un jour sa terre de Corse, il semble plus vraisemblable que le traité de Versailles en raison de la déliquescence continue de la République génoise prévoyait plus un transfert de propriété qu’une simple mise en gage ; l’histoire prouvant qu’en fait la Corse venait d’être rattachée, vendue, à la couronne de France pour la somme de 20.000 livres payable selon un échéancier.

Dans les faits, dès la signature de l’accord les troupes françaises débarquèrent en Corse, occupèrent les places fortes encore protégées par les génois et entreprirent en application du traité de "pacifier" l’île, c’était le début d’une guerre en Corse entre les patriotes conduits par Pascal Paoli et les troupes françaises.

En effet, plutôt que de se cantonner à garantir la sûreté du seul littoral le roi de France entrepris la conquête de l’intérieur, et pourchassa les patriotes.
Cette conquête pris fin lorsque le 8 mai 1769, les troupes corses furent définitivement et tragiquement écrasées à Ponte Novu par l’armée du roi conduite par le Marquis de Vaux.

De la propriété de fait à l’annexion :


Si le roi de France dispose dans les faits de la pleine propriété de la Corse, et qu’au surplus il s’en est attribué la propriété selon un édit royal du 15 août 1768 (un an jour pour jour avant la naissance de Napoléon Bonaparte), il apparaît bien que en vertu du traité de Versailles cette dernière n’existe pas en droit puisque Gênes peut toujours récupérer l’île en réglant les frais de l’expédition française.
Cette situation "bancale" perdurera jusqu’en 1789 (et non encore de nos jours comme peuvent le penser certains) lorsque sera voté à la demande des députés corses le décret contenant la disposition suivante : "L’île de Corse est déclarée partie de l’Empire français : ses habitants seront régis par la même constitution que les autres français. Dès ce moment le roi sera supplié d’y faire parvenir et publier tous les décrets de l’Assemblée nationale".

Un acte d’annexion en somme.

Crédits photographiques © Francois Schnell - CC-by-SA

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Charles a écrit le 01-04-2009 à 19-24 :
FAUX ! Gênes ne peut en aucun cas prétendre à récupérer la Corse , VU, qu'elle n'a pu poursuivre le remboursement du ''prêt'' envers le ROI Louis XV ... , VU, que la République de Gêne était passé avant terme dans la République ITALIENNE !. RESTE que le ROI de France de l'époque soit ayant été berné, soit de connivence avec Gêne , tout deux FILOUX /VOYOUX , VU, le Traité de DUPE comme disait VOLTAIRE , VU, qu'il y'a RUPTURE DE CONTRAT par faute de remboursement..c'est comme une saisie de la chose ... propriétée de la France de ce jour !..MAIS la chose étant une Terre avec un PEUPLE soit en plus d'un DOL, VU, les accords internationaux de l'époque spécifiant qu'une terre vide était appropriable et ce n'était pas le cas de la Corse , le ''sans maître'' étant au combien le contraire avec un Pascal Paoli et sa constitution ... et plus avant encore du temps du pére et plus avant encore ... ^lus recemment la décolonisation...Les nations unis en 1975 statuant sur le Sahara occidental .. DERNIEREMENT avec l'Europe spécifiant y compris par la France une sorte de revendication ''du droit des peuples à disposer d'eux mêmes '' ne l'oublions jamais émis par Pascal Paoli... mais la France de ce jour est devenue subitement sourde et nie systématiquement la notion de peuple autochtone, vu qu'il y'aurait qu'un peuple .. en l'occurence Français ... preuve étant le 9/5/1991 concernant la Corse et le refus de notion de Peuple.... attention, à savoir que l'Europe et le monde CIVILISE entier est pour ''le Droit des Peuples à disposer d'eux mêmes '' ..à savoir que la Corse avait été prise par la Force, pour régresser ''vassal d'un Roi de France'' et plus encore sur 240 Ans ...100 Ans de DURETE ... Actuellement Départements Français... certes, mais en regardant de plus prés ...de ce qui est dit plus haut... toujours une COLONNIE Française ... assez particulière toutefois.... la SEULE pouvant prétendre n'avoir point besoin de demander la permission pour reprendre son INDEPENDANCE ( un gouvernement provisoire étant suffisant pour être reconnu par les Nations Unis), en effet, caducité de la tromperie traité de dupe ... Pays VIOLE, maltraité en Force pendant 40 Ans puis 60 Ans moindre et économiquement appauvri jusque 4 Ans apres GISCARD !.... de nos jours juste une pression infime ( condamnations sans preuves), délocalisation des autochtones et surpopulation des Hexagonaux et autres ... alors CORSU si vous attendez un vote favorable en Corse avec bientôt plus aucun Corse en Corse ...attendez ... je pense qu'il faudrait si vous ne prenez pas le ''pouvoir'' un référendum sur le plan national à la France ... car les Français ne connaissant ni l'histoire de la Corse vu que rien n'y figure sur l'histoire de France ...ni celle de la Corse ... vous savez ces Corses qui coûtent ... voteraient massivement pour ''donner'' comme ils disent cette indépendance, mais un vote en Corse même ..aucune chance !.... et la desertification du Corse oblige ... un demain proche ..faudra se faire une raison !... bonne journée

Antone a écrit le 16-01-2010 à 01-24 :
je remarque que dans cet article, et d'ailleurs dans toute la rubrique "Histoire de la Corse", il n'est fait aucunement allusion à la période nommée affectivement "a francisata" qui a duré jusqu'en 1807, quand ce bon Napoléon acheva d'exterminer ses "compatriottes" (si on peu le considérer comme Corse) qui avait osé se révolter contre un pays qui n'avait apporté que souffrance. aucune allusion au 11 pendus du Niolu dont un enfant de 13/14ans, ni même à l'abbatage des chataigners en Castagniccia pour affamer la population et éviter qu'elle ne réclame sa liberté, ni au massacre des corses sur les hauteurs de l'actuelle Cargèse pour pouvoir créer une colonnie et un marquisat pour Marbeuf, ni au citations de différents généraux francais en Corse à cette époque, notament "on espère avoir accomplit d'exterminer cette race avant la fin du mois" ou encore "la solution pour les Corses? il faut en pendre 2 par jour", cette dernière fut appliquée à la lettre pendant quelques temps, et au fait qu'une fois une personne pendue, on la laisse dans le village à la vue de tous pour l'exemple, et qu'une femme n'avait pas le droit de décrocher son fils sous peine de prendre sa place et était condamnée à le regarder se décomposer balanceant à sa corde. Ni à la déportation de tous les hommes d'un village du Fium'orbu en 1807 en galère à toulon pour que finalement aucun ne revienne ayant tous succombés de maladies, déportation qui fut opérée par l'armée de ce bon Napoléon. Ni au fait que si l'économie de Corse est une calamité, elle le doit à une loi votée en 1818 et qui détaxe les marchandises importées et surtaxes les marchandises exportées ainsi que d'autres contraintes, ayant finit par étouffer l'économie et contraint des milliers de Corses à l'exil jusque dans les années 60.

orchus a écrit le 18-01-2010 à 13-12 :
à Antone, BONJOUR,
bien vu, il y a effectivement des thèmes qui ne sont pas abordés sur ce site.
Par contre ceux qui le sont apparaissent comme complets, nouveaux et rédigés à mon humble avis de manière la plus complète et documentée; de surcroit et à mon avis toujours, de manière honnète et sans parti pris.
Chacun à le droit de donner son avis,ou critiquer, de manière plus constructive apporter des contributions;
Pour ma part, je trouve ce site assez exceptionnel dans sa manière de traiter de la Corse, sachant qu'il s'agit d'une initiative
privée et aux moyens très modestes; il n'en demeure pas moins qu'il est un des rares, voire le seul, par sa qualité, sa tenue, sa réserve
un des rares site corse ou on trouve des articles variés, très complets et cherchant à intéresser le plus grand nombre à notre ile.

Il me semble que l'ambition des auteurs n'a jamais été de remplacer un "Histoire de la Corse"
ni une encyclopedie;
c'est pour ces raisons que, bien que j'apprécie vos rappels, par ailleurs biens connus par les corses et vraisemblablement par les gérants de ce site, je, il ne s'agit que de moi,je ne souhaiterais pas que les contributions ou observations bien naturelles,prennent une tournure par trop désagréable, ou transforment le fait qu'un sujet ne soit pas (encore?)abordé
comme une volonté de dissimulation ou de partialité venant des rédacteurs.
Cependant,je vous rejoins bien sur sur le fait que toutes les périodes, et surtout les plus noires doivent ètre connues de chacun.Et ajouterais je, assumées!
Pour ma part, passioné par l'histoire de la Corse
je suis tout de meme content de me retrouver sur un site, ou l'on peut echanger sans l'animosité immédiate que l'on retrouve trop souvent sur d'autres sites.
à vous lire...

Corsicanews a écrit le 31-01-2010 à 11-41 :
Bonjour,
Je n'aurai pas mieux répondu moi-même, merci orchus.
Effectivement cher Antone, certains points de l'histoire de notre île ne sont pas encore abordés sur ce site faute de temps essentiellement ; chaque article prend pas mal de temps à rédiger, ne serait-ce que pour la raison que nous tenons à consulter plusieurs sources avant d'en écrire un et que pas voie de conséquence il faut les chercher, les lire, et avant de nous en servir de peser leur "sincérité".
Sur ce point et compte tenu de ce que vous indiquez, vous avez raison sur le fait que nous ne tapons pas trop sur Napoléon, pour l'heure, mais à notre sens avant de l'accuser d'un fait nous préférons vérifier que le petit caporal est bien le responsable des maux qu'on lui impute.
La littérature sur Napoléon et la Corse est bien plus importante que ce que prétendent certains et tirer des conclusions est toujours ardu quand il s'agit de trier les appréciations subjectives faites par les auteurs et les réalités historiques (c'est beaucoup plus simple quand nous rédigeons un article basé sur les observations de la Chambre régionale des comptes que sur l'œuvre de Renucci, par exemple).
Mais soyons clairs, ce n'est pas parce que nous ne traitons pas encore du mal qu'aurait fait l'Empereur à la Corse, qu'il n'en a fait aucun ; seulement nous en parlerons quand le temps sera venu.
Notez que s'agissant des châtaigniers nous abordons la question dans notre récent article sur la châtaigneraie de la Corse( http://www.corsicanews.net/histoire/article-619.php ), la question est donc bien ouverte.
A bientôt.

Antone a écrit le 24-02-2010 à 03-04 :
Loin de moi l'idée de vous offencer, c'est juste pour prévenir toute omission (volontaire ou non) car je considère que ce passage est très important dans l'histoire de ce pays et que souvent on essaye d'étouffer certains points, tel que la Corse fut la première région libérée En 1943,que la Corse indépendante a inspiré les Lumières et de ce fait influencé la Révolution Américaine et plus tard Francaise alors que vous ne verrez aucune allusion dans les manuels d'histoires de ces choses là... et vous pouvez vérifier, Napoléon mit le feu à Talasani (entre autre) et déporta tout les hommes d'un village du Fium'Orbu (je ne sais plus lequel précisement) vers 1808, donc à un moment où il était déjà en bonne position pour décider on dira. Histoire qu'on oublie pas nos morts et la souffrance de nos ancêtres, même les plus gênants.

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